La solidarité par l'éducation

Le pouvoir de décider pour soi-même est le plus grand cadeau que l'on puisse donner à un être humain.

Visite de l'école Jules Verstraeten (Bénin)

L'école Jules Verstraeten existe depuis 1999. Jules est un belge et le père adoptif du pionnier de l'école. Il n'est plus de ce monde depuis trois ans. Pour ceux et celles qui, de loin ou de proche, ont d'une certaine manière contribué à l'existance de cette école et de ce projet basé sur l'idée selon laquelle le plus beau cadeau à offrir à un être humain, c'est d'aider ce dernier à voler de ses propres ailes, il est de coutume qu'ils reçoivent des informations sur l'école ou sur le rendement scolaire des enfants qu'ils aident, vers la fin de chaque été.

 Étant enseignant, je profite des vacances pour me rendre au village Codji, où se trouve ladite école. Malheureusement, je n'ai pas pu m'y rendre l'été 2011, c'est pourquoi l'idée d'effectuer le voyage en décembre 2011 parait une belle excuse, non seulement  pour m'échapper du froid glacial de ma deuxième patrie, qu'est le Canada, mais aussi de fêter noël et le nouvel an avec ma famille.

Les enfants de l'école avaient l'habitude de recevoir le Père Noël estival depuis 10 ans. Cette fois-ci, ils y ont droit en plein hiver. Avec les sacs pleins de cadeaux (ballons de toutes sortes, livres, chandails, bonbons, etc.), j'ai atterri à Codji au moment où les élèves sont déjà en vacances.  De toute évidence, l'école a dû être re-ouverte, comme si de rien n'était. À Codji, rester à la maison est plus ennuyeuse que d'aller à l'école. 

Certains élèves ont droit aux lettres de leurs parrains respectifs, surtout du Canada. 

C'est l'occasion parfaite pour d'autres d'avoir la langue bien déliée, rapportant tout ce qui s'est passé en mon absence. Je suis bien habitué à de pareilles séances de briefing de tout genre chaque été.

Un parrainage pas comme les autres

Depuis six ans, on a instauré un programme de parrainage devant permettre les élèves finissants de l'école à poursuivre leurs études secondaires.

 Il faut signaler que les études secondaires au Bénin ne sont pas gratuites. Les frais scolaires au secondaire constituent donc un obstacle majeur pour bon nombre de familles, donc d'enfants qui sont obligés d'abandonner. Pour les 40 élèves finissants de chaque année, l'étude au secondaire n'est possible que par le biais de généreux donateurs, tant de l'Europe (Allemagne, Belgique) que du Canada. Avec l'aide de 100$ par parrain, chaque élève finissant de l'école peut poursuivre les études secondaires, voire universitaires. Le plus gros défi à relever, c'est de trouver 40 donateurs par an. Face à l'incapacité d'atteindre un tel objectif, on a dû mettre en place un système de solidarité et des conditions d'accès à l'aide. L'élève parrainé reçoit automatiquement 50% de l'aide, soit 50$. 75% de la somme restante sert à payer une partie des frais scolaires d'un autre élève qui n'a pas de parrain. L'autre 25% de la somme restante est pour l'entretien de l'école et projets développés par les élèves. Le parrainé doit maintenir un rendement scolaire lui permettant de renouveler chaque année le soutien de son parrain canadien ou européen (Ceci suppose qu'un parrain peut perdre l'enfant qu'il ou elle avait l'habitude de soutenir).  En d'autres mots, chaque 100$ reçu, aide au moins deux enfants à continuer leurs études. Idéalement, on aurait souhaité que toute la somme soit donnée à l'élève, ce qui pourrait l'aider à résoudre d'éventuels ennuis de santé. Mais à Codji, les enfants sont conscients qu'ils doivent faire avec les moyens dont ils disposent. Pour l'année scolaire 2011-2012, nous n'avons collecté que 1600$, donc officiellement une somme suffisante pour 16 élèves, mais en réalité, ladite somme sera mise à la disposition de 32 élèves. Il est important de retenir qu'il ne s'agit pas de sortir les enfants de la misère, mais de les outiller à améliorer leur propre vie.  

 

Nos projets

 Entretemps, nous avions prévu construire un centre culturel devant servir de lieu rassembleur pour tout le village et d'aire de jeu pour tous les enfants. Le projet est tombé à l'eau, faute de moyens. On voudrait tout au moins doter l'école primaire d'aire de jeu. Plus il y a de parrains, plus on pourra prélever un petit pourcentage de l'aide pour avoir cette infrastructure.      

Pour ceux et celles qui aimeraient dédier quelques jours de bénévolat à Codji, l'école s'estimerait heureuse de les compter parmi ses hotes. 

Pour tout renseignement supplémentaire, veuillez écrire à jean_codjo@yahoo.com